Old Rinkrank

Frères Grimm Le 23 juin 2015
Allemand
Intermédiaire
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Il était une fois un roi qui avait une fille. Il fit construire une montagne de verre et déclara que quiconque parviendrait à la traverser sans tomber pourrait l'épouser. Un homme, amoureux de la fille du roi, demanda à ce dernier la permission de l'épouser. « Oui, répondit le roi, si tu réussis à traverser la montagne sans tomber, elle te reviendra. »

La princesse accepta de l'accompagner et de le retenir s'il venait à tomber. Ils se mirent donc en route ensemble, mais à mi-chemin, la princesse glissa et chuta. La montagne de verre s'ouvrit et l'emprisonna. Son fiancé ne put la voir, car la montagne se referma aussitôt. Il pleura abondamment, et le roi, inconsolable, fit briser la montagne à l'endroit où elle avait disparu, espérant la retrouver. Mais ils ne parvinrent pas à localiser le lieu de sa chute. Entre-temps, la fille du roi était tombée profondément dans la terre, dans une immense caverne. Un vieil homme à la longue barbe grise vint à sa rencontre et lui dit que si elle devenait sa servante et lui obéissait à tous ses ordres, elle pourrait vivre ; sinon, il la tuerait.

Elle fit donc tout ce qu'il lui demandait. Le matin, il sortait son échelle de sa poche, l'appuyait contre la montagne et grimpait jusqu'au sommet grâce à elle, puis la redescendait. La princesse devait lui préparer son dîner, faire son lit et accomplir toutes ses tâches. À son retour, il rapportait toujours un tas d'or et d'argent. Après de nombreuses années passées à ses côtés, et une fois devenues âgées, il l'appelait Mère Mansrot, et elle devait l'appeler Vieux Rinkrank. Un jour, alors qu'il était sorti, et qu'elle avait fait son lit et lavé sa vaisselle, elle ferma toutes les portes et les fenêtres à clé, sauf une petite fenêtre par laquelle filtrait la lumière, qu'elle laissa ouverte. Quand Vieux Rinkrank rentra, il frappa à sa porte et s'écria : « Mère Mansrot, ouvrez-moi ! » « Non, répondit-elle, Vieux Rinkrank, je ne t'ouvrirai pas. »

Il a ensuite dit,

« Me voici, pauvre Rinkrank,
Sur mes dix-sept longues jambes,
Sur mon pied fatigué et usé,
Lave ma vaisselle, Mère Mansrot.

« J’ai déjà lavé ta vaisselle », dit-elle.

Puis il a dit à nouveau,

« Me voici, pauvre Rinkrank,
Sur mes dix-sept longues jambes,
Sur mon pied fatigué et usé,
Fais-moi mon lit, Mère Mansrot.
« J’ai déjà fait ton lit », dit-elle. Puis il répéta :
« Me voici, pauvre Rinkrank,
Sur mes dix-sept longues jambes,
Sur mon pied fatigué et usé,
Ouvre la porte, Mère Mansrot.

Alors il fit le tour de sa maison en courant et vit que la petite fenêtre était ouverte. Il se dit : « Je vais jeter un coup d'œil pour voir ce qu'elle mijote et pourquoi elle ne m'ouvre pas. » Il essaya de regarder à l'intérieur, mais sa longue barbe l'empêchait de passer la tête. Il fit donc passer sa barbe par la fenêtre ouverte, mais juste au moment où il y parvint, Mère Mansrot arriva et ferma la fenêtre à l'aide d'une corde qu'elle y avait attachée. Sa barbe se retrouva ainsi coincée à l'intérieur.

Alors il se mit à pleurer de toutes ses forces, car il souffrait énormément, et à la supplier de le libérer. Mais elle refusa jusqu'à ce qu'il lui donne l'échelle avec laquelle il avait gravi la montagne. Alors, qu'il le veuille ou non, il dut lui dire où se trouvait l'échelle. Elle attacha un très long ruban à la fenêtre, puis installa l'échelle, gravit la montagne et, arrivée au sommet, ouvrit la fenêtre. Elle alla trouver son père et lui raconta tout ce qui lui était arrivé.

Le roi se réjouit grandement, et comme son fiancé était encore là, ils creusèrent la montagne et y trouvèrent le vieux Rinkrank, avec tout son or et son argent. Le roi fit alors exécuter le vieux Rinkrank et s'empara de tout son or et son argent. La princesse épousa son fiancé et vécut heureuse dans une grande magnificence et une grande joie.